Indépendante et obstinée
Au niveau formation, j’ai choisi de faire un peu tout à l’envers. Après une scolarité épanouissante dans une école alternative (École Active de Genève), j’ai eu beaucoup de difficultés à m’intégrer à une structure bien plus rigide et impersonnelle, le Collège de Ferney-Voltaire où mes parents m’ont inscrite à l’âge de 14 ans pour y commencer ma classe de 5ème.
Le choc fut rude et, après plusieurs mois de stress et d’impression de ne pas être à ma place dans ce lieu sinistre dont l’architecture avait tout pour rappeler une prison, je suis tombée malade.
Ecole à la maison
Ce qui tombait bien : de mon lit, j’ai annoncé du ton sûrs d’eux qu’ont les adolescents : « Je ne remets pas les pieds au collège ! ». Mes parents n’accueillirent bien sûr pas cette nouvelle de gaité de cœur mais, comme ils ne parvenaient pas à se résoudre à faire appel aux forces de l’ordre pour me ramener dans ce collège honni, ils se résignèrent à accepter mon choix. J’ai donc terminé la totalité de ma scolarité jusqu’au baccalauréat en suivant des cours par correspondance, ce qui me laissait tout le temps pour m’adonner à mes trois passions : le chant lyrique, l’équitation et les promenades de chiens dans la forêt.
Le baccalauréat en poche, je suis partie en Allemagne (le pays d’origine de mes parents) pour commencer des études de lettres allemandes à l’Université de Munich. Cependant, après un semestre assez morose dans la capitale de la Bavière, je me décidai à déménager à Paris, auprès de celui que je croyais être l’homme de ma vie, pour avoir un enfant avec lui à l’âge un peu trop précoce de 21 ans.
Recherche d’une stabilité
Ayant eu la chance d’avoir obtenu une place en crèche, je me remis sur le chemin des études, à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, cette fois-ci, à l’âge de 23 ans pour suivre un DEUG (Diplômes d’études universitaires générales) en LEA Langues Étrangères Appliquées Allemand-Anglais. Mais là aussi, les choses ne se passèrent pas comme prévu : ayant décidé de quitter l’homme de ma vie et ce dernier ayant considéré que, les torts n’étant de son point de vue que de mon côté, il n’avait pas à payer la moindre pension alimentaire ni même à s’occuper un tant soit peu de notre enfant commun, je dus me résoudre à accepter un poste alimentaire en tant que rédactrice crédit dans la filiale d’un établissement de crédit anglais, Abbey National France et ne pus donc pas terminer mes études pour devenir traductrice comme je l’avais espéré.
Après 6 ans de survie, aussi bien financière que morale dans cette entreprise qui ne m’offrait aucun débouché et où je souffrais de gagner ma vie d’une manière qui ne me semblait pas du tout éthique, je me décidai à suivre une formation continue pour devenir assistante de direction trilingue. Ce BTS se réalise normalement sur 2 ans, mais je n’obtins qu’un accord pour une absence de mon entreprise pour une durée de 8 mois. Cela signifiait 40 heures de cours par semaine, sans compter le travail personnel, et un jeune enfant dont j’avais seule la garde. Unique avantage : durant ces 8 mois de formation, l’intégralité de mon salaire m’était versé grâce au Fongécif, le fonds auquel les entreprises françaises doivent cotiser afin de permettre d’assurer la formation continue des salariés.
Retour en Suisse
Grâce aux Accords bilatéraux, je pus revenir dans ma région d’origine, le Grand Genève, et m’installer momentanément chez ma mère, à Ferney-Voltaire, le temps de trouver, en 2005, le poste d’assistante administrative – coordinatrice de programmes de formation continue que j’occupe encore à ce jour à l’Université de Genève. Je vis aujourd’hui entre Carouge et Genève, au bord de l’Arve, avec un nouveau compagnon et deux enfants de 5 et 7 ans. Mon parcours de vie un peu hors des sentiers battus me semble loin à présent et le calme de la cité de Calvin me paraît idéal pour assurer mon épanouissement et l’éducation de mes enfants dans un équilibre très agréable entre nature et culture.
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