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Le hall d'Uni Mail © Lucien Fortunati

Etudier au temps du Covid-19

Arrêt brutal des cours en présentiel

De maladie mystérieuse qui ne semblait toucher que des commerçants d’un marché d’animaux vivants dans la lointaine Chine, le Covid-19 est devenu la plus grande menace que le monde ait connue depuis longtemps. La Suisse ne se doutait pas qu’elle serait si vite touchée, la RTS diffusant encore le 5 mars 2020 un document de Temps présent qui ne laissait pas imaginer ce que Genève, comme le monde entier, allait devoir vivre pendant une durée indéterminée: un semi-confinement avec comme corollaire le passage au télétravail et, pour les étudiants de l’Université de Genève, à l’enseignement à distance.

Fin du semi-confinement

Mais avec la fin du semi-confinement qui se profile pour le 11 mai 2020, et même si l’enseignement à distance sera maintenu, les locaux de l’Unige étant fermés jusqu’à la fin du semestre, les étudiants qui ont vécu ces deux derniers mois des cours à distance mis en place dans l’urgence seront contraints de passer leurs examens finaux comme prévu. La Tribune de Genève se fait aujourd’hui l’écho de leur colère: « «J’ai été appelé par la PC (ndlr: Protection civile) jusqu’à la fin mai. Je travaille de nuit dans un EMS. Dois-je choisir entre dormir ou réviser mes examens?» Ce témoignage d’un étudiant de l’Université de Genève a été placardé, comme d’autres, vendredi matin, par la CUAE, un syndicat étudiant, à l’entrée d’Uni Dufour, bâtiment abritant le rectorat« .

Examens finaux… à distance

Si l’Université défend la nécessité de maintenir les examens pour ne pas pénaliser les étudiants qui continuent leur cursus ou arriveront sur le marché du travail à l’automne prochain, les conditions dans lesquelles se dérouleront ces examens – uniquement à distance – font débat. En effet, « (..) un logiciel appelé Testwe, choisi par la Geneva School of Economics and Management (GSEM) pour une vingtaine d’évaluations, fait par ailleurs polémique depuis plusieurs jours. Lors de l’examen, l’étudiant devrait, tout d’abord, s’identifier en se prenant en photo avec sa carte universitaire ou sa carte d’identité. Durant le test, le logiciel continuera, à l’insu de l’étudiant, à prendre des clichés de lui, afin de s’assurer qu’il se déroule sans l’aide d’un tiers. «C’est inadmissible et illégal, déclare Hugo Molineaux, secrétaire de la faîtière des étudiants de l’UNIGE. Où seront ensuite stockées ces images?».

Une pétition s’oppose à ces décisions

Même si une pétition s’opposant à l’emploi de ce logiciel a été lancée, il est fort probable que les examens seront maintenus, d’une manière ou d’une autre.

Testwe, cela semble très simple… mais comme nombre de ces outils qui sont brusquement devenus populaires (Zoom, par exemple), ils posent de nombreuses questions éthiques auxquelles, urgence oblige, même des institutions comme l’Unige ne semblent pas prêtes à se confronter.

Etudiants réquisitionnés

Quant aux étudiants en médecine ou soins infirmiers réquisitionnés du jour au lendemain pour faire face à la crise du Covid, leur situation n’est guère enviable non plus. C’est le cas notamment en France voisine comme en témoigne cette étudiante en 2ème année de soins infirmiers

Quelle que soit la situation sanitaire future, le cas des étudiants est très délicat. Mais l’Unige en a bien pris compte, mettant à disposition de ses membres une FAQ très documentée et mise à jour régulièrement. Ne reste plus qu’à espérer que la fin de la 1ère vague annoncée le 18 mai 2020 par Daniel Koch, le chef de la Division maladies transmissibles à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), permettra aux futurs étudiants de commencer une année universitaire 2020-2021 plus normale que celle qu’ils sont en train de finir…

Ce qu’ont pensé les étudiants de cette période…

Au final, l’expérience de l’enseignement totalement à distance a été plutôt bien vécue, comme le montre une étude effectuée fin avril par l’Observatoire de la vie étudiante. Le Dauphiné, quant à lui, relaie quelques témoignages de cette étude, et notamment cette remarque d’une étudiante qui s’est sentie « coincée dans un jour sans fin… » Impression partagée !